Article pris sur psychologie .com

Publié le par Alluvions

Puis-je réussir à rendre mes enfants heureux alors que je suis sans papiers ?
Je suis russe, en France depuis six ans, et j’attends des papiers. Je me sens humiliée de demander de l’aide. Je me déteste de ne pas pouvoir donner à mon fils et à ma fille une enfance heureuse, d’être sur les nerfs tous les jours. J’ai honte du rejet qu’ils subissent.
Macha

La réponse de Claude Halmos

Les mots me semblent bien pauvres, Macha, comparés à votre souffrance, mais je vais les utiliser quand même. Pour vous dire qu’une enfance heureuse, ce n’est pas une belle maison et une belle voiture. C’est avant tout des parents qui vous aiment assez pour se demander si vous êtes heureux. C’est un capital essentiel. Vos enfants le possèdent. Et il les aide certainement à supporter la précarité et l’insécurité dans laquelle vous vivez.

Mais ce qui est peut-être plus difficile pour eux, c’est de se sentir fiers d’eux-mêmes. Car un enfant ne peut être fier de lui que si ses parents ont une idée positive de leur propre valeur. Or, vous me le dites, vous avez honte, vous vous dévalorisez. Et ce n’est pas juste. Car ce qui vous arrive n’est pas dû à un manque d’intelligence, de courage ou de travail de votre part.

Vous êtes victimes, votre mari et vous, d’une situation économique et sociale qui vous dépasse et que vous ne pouvez pas changer. Et vous l’affrontez jour après jour, en déployant des trésors d’énergie et d’inventivité. Et en vous préoccupant, en plus, de l’équilibre psychologique de vos enfants. Ce que beaucoup de parents, autrement mieux nantis que vous, ne font pas.

Vous êtes donc une femme digne d’estime et de respect. Une femme que des enfants peuvent être fiers d’avoir pour mère. Il serait bon d’en prendre conscience. Et de cesser de vous confondre avec l’image de vous-même que la société vous renvoie.

Les parents qui, dites-vous, empêchent leurs enfants de jouer avec les vôtres au square ne méritent que votre mépris. Et l’on ne peut que plaindre leurs enfants, contraints de se construire ainsi dans la bêtise et la méchanceté.

Il faudrait vous reprendre, Macha. Et peut-être rejoindre une association dans laquelle vous pourriez partager avec d’autres ce que vous éprouvez.
www.psychologies.com/
Ce qui me désole , est que , un jour j'ai acheté le livre de  David  Servan Schreiber et il y disait dans ce livre ,qu'il se contentait de vivre pour lui et sa famille. Et cet article me rend triste .

Publié dans société

Commenter cet article