En ce moment , je lis

Publié le par Alluvions

"Ma mère , mon bourreau. " DE Julie  GREGORY
Récit d'une enfance volée. Récit poignant .
L'auteure nous raconte son enfance durant laquelle elle a subi diverses violences de la part de sa mère. Violences souvent déguisée sous une attention maternelle perverse. Attention qui ,en réalité, cherchait à se mettre en avant pour elle-même et non pas pour sa fille, instrumentalisée dans cet objectif...
Les maltraitances étaient désignées commes des symptômes de maladie ..Julie ,déclarée malade était privée d'école , privée de nouriture , privée de vrais soins mais  en même temps , sous surveillance médicale constante.. subissants des examanens médicaux terrifiants pour une enfant de son âge, prétextes pour trouver la maladie dont elle ést supposée souffrir.
jamais la mère ne s'oppose à un quelconque examen douloureux ou humiliant ..
Cette histoire est terrible ..et pourtant les enfants qui subissent ce genre de traitements sont souvent difficliles à déceler ..
A lire l'article ci-dessous:

Le syndrome de Munchausen simple.
Ce syndrome est une forme clinique des troubles factices. [1]

Richard ASCHER, médecin londonien (1912 -1969) décrit des patients qui construisent des signes pathologiques. Ceux ci mentent (dans la production même des symptômes et sur leur propre histoire médicale) et voyagent beaucoup (se déplaçant beaucoup géographiquement, fréquentant de nombreux lieux médicaux différents, ce qui brouille souvent les pistes), d’où le nom de Munchausen en référence au baron du même nom (avec un h en plus : le baron de Munchhausen) qui racontait des fables et voyageait beaucoup. C’est en 1951, que Asher décrit des patients adoptant un comportement de mensonge avec de multiples voyages.

Ce trouble qui décrit un comportement (et non une personnalité ) est rare, peu connu, et surtout pas assez étudié. On ne connaît donc pas sa fréquence. Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur ce syndrome pour deux raisons essentiellement :

-  Etant peu connu et récent (début du siècle), le diagnostique est rarement fait et souvent rendu difficile par le patient lui même qui fait tout pour « brouiller » les pistes.

-  Le trouble factice découvert, le patient n’est pas coopérant pour participer à des protocoles de recherche afin de faire avancer les connaissances sur son trouble.

D’après les études publiées, on remarque une plus grande proportion d’individus masculin. Gilles Fenelon (neurologue, psychiatre, exerçant actuellement à l’hôpital Tenon à Paris) propose dans son livre « le syndrome de Munchausen » une appellation des personnes ayant des comportements répondant aux critères du syndrome de Munchausen : Les Altérateurs. Altérer est ce qui les décrit le mieux : les altérateurs altèrent leur histoire médicale, leur biographie et prennent également les risques d’altérer leur état de santé.

Les principaux élément du syndrome de Munchausen simple

-  facticité des symptômes. [2]
-  Mythomanie [3] du parcours médical et de la biographie.
-  Hospitalisations multiples dans différents services et hôpitaux.
-  Absence apparente de but dans sa facticité ( contrairement aux simulateurs qui simulent dans le but d’obtenir des avantages sociaux, financiers)

Fenelon nous donne quelques éléments pouvant contribuer à la découverte de ce trouble : Lors des nombreuses hospitalisations, on note une absence de visiteurs, l’adresse, l’identité sont souvent fausses ; les proches sont difficilement joignables. Au cours du séjour, l’altérateur quitte souvent le service contre avis médical laissant les équipes perplexes et peut faire preuve d’agressivité lorsque l’on le met face à ses incohérences. Il présente de nombreux antécédents médicaux dont certains sont invérifiables, possède des connaissances médicales inhabituelles avec une attitude suggestive avec les médecins.

L’approche thérapeutique

Il semble difficile pour l’altérateur d’établir une relation thérapeutique. Dès qu’il se sent « découvert » dans sa conduite factice, il reprend sa route vers d’autres hôpitaux. A part leur conduite, que les soignants peuvent observer et leur histoire que l’on peut ( avec des efforts) retracer en menant une véritable enquête, on ne sait pas grand chose de leur personnalité. L’altérateur ne veut nous montrer que ce qu’il souhaite et nous faire croire à ces fables.

Le syndrome de Munchausen par procuration

Découvert en 1977 par Sir Roy Meadow (pédiatre, spécialiste des reins) Le syndrome de Munchausen par procuration est une forme particulière de maltraitance infligée à un enfant, généralement par sa mère. Ce syndrome décrit un trouble du comportement d’un adulte envers un enfant. Tout comme la forme simple, on ne connaît pas l’étiologie [4] ni les types de personnalité.

La maltraitance de l’adulte sur l’enfant consiste en la production volontaire de symptômes physiques ou psychiques en affirmant ne pas connaître les causes. Le but étant que le corps médical intervienne par des investigations, traitements.

Il y a plusieurs formes de ce syndrome selon le degré d’intervention sur l’enfant par l’adulte (cela va de la simple altération de l’histoire médicale, falsification d’analyse médicales, à des actes comme provoquer des infections volontaires...). Responsable de plusieurs morts subites du nourrisson chaque années, la mort est une des conséquences de ce trouble (pas de statistique exactes, syndrome de Munchausen par procuration responsable de 8 à 20 % des morts subites). La mort n’est portant pas recherchée.

Dans les pays anglo-saxons, la mort subite d’un nourrisson ou le décès suspect d’un enfant entraînent une autopsie. En France, il n’y a pas de consensus à l’heure actuelle sur l’existence de ce syndrome. Il semble difficile d’admettre pour les professionnels de l’enfance qu’une mère puisse avoir un tel comportement de sévices tout en donnant une apparence de mère bien sous tout rapport, cohérente qui semble bien maîtriser sa vie. On ne connaît donc pas grand chose de ce trouble car on dispose de peu d’études, et celles qui existent sont souvent anglo-saxonnes. De plus, comme les altérateurs, ils sont difficiles à diagnostiquer et à étudier.

Manifestations cliniques du comportement du parent (généralement la mère)

-  Des consultations et hospitalisations répétées, avec utilisation maîtrisée des termes médicaux, suggérant des examens , traitements, interventions..

-  Mère très attentionnée, s’intéressant particulièrement à la santé de son enfant, entretenant généralement de bons rapports avec l’équipe soignante.

Eléments qui aident au diagnostic

-  Traitements de toute sorte échouant.
-  l’équipe médicale n’arrive pas à comprendre l’origine des symptômes.
-  Absence de troubles lorsque l’enfant est séparé du parent maltraitant.
-  Antécédent dans une même fratrie de morts subites, ou d’hospitalisations à répétition..
-  On peut retrouver dans le passé du parent maltraitant de nombreuses hospitalisations pour des troubles factices ( ayant connu un Munchausen simple).

Pour pouvoir parler d’un tel trouble de comportement, il faut prendre en compte l’histoire familiale. Le syndrome de munchausen par procuration est difficile et très délicat. Il ne faut pas confondre l’attitude de jeunes parents anxieux, [5] pouvant alors présenter les même caractéristiques, avec un trouble grave entraînant des sévices. Ne pas porter de jugements hâtifs ! cela pourrait être lourd de conséquence. De même, il important de détecter la maltraitance, car il en va parfois de la survie l’enfant.

Aux Etats Unis, les équipes médicales sont sensibilisées à ce trouble et vont jusqu’à utiliser des caméras vidéo pour vérifier la maltraitance en cas de doutes. Méthodes non envisageable dans nos pays européens où le soin s’effectue sur un postulat de départ : la confiance médecin patient. Mais ce trouble n’a pas la même logique, puisque le but étant de duper le médecin pour obtenir des soins « imaginaires ». Le syndrome de Munchausen par procuration agit tout en apparence et il est encore difficile pour les équipes médicales d’aller au delà.

L’équipe médicale manipulée serait hélas que responsable de leur délit de belle gueule et de ne s’arrêter qu’au apparence pourtant trompeuse. En France les professionnels de l’enfant n’arrivent pas à admettre une telle dissociation entre le comportement en apparence ( bien sous tout rapport) et les sévices infligés ou provoqués par le biais de l’équipe médicale.

Les hypothèses sur le pourquoi de ce comportement de sévices

-  Les mères agiraient de la sorte pour attirer l’attention sur elles, obtenir de l’équipe médicale une reconnaissance de leur statut de bonne mère, attentive et soucieuse du bien être de l’enfant. Pourquoi le milieu médical ? est ce parce que c’est un milieu rassurant, familier dans leur histoire....

-  On retrouverait dans le passé de ces mères de nombreuses carences affectives. Elles auraient parfois elles mêmes été victimes de sévices de la part de leur propre mère. Certaines développent à l’age adulte des syndromes de Munchausen simples.

Il reste encore beaucoup d’études cliniques à effectuer afin de tracer un profil plus précis et de mieux comprendre ce qui sous-tend ces comportements. Ceux ci se rencontrent ils plus dans une pathologie psychiatrique précise ou dans un trouble de la personnalité ?

Et les enfants ?

L’enfant ne contredit pas les fabulations de son parent, car parler serait trahir. Ce qui rend le diagnostic des plus difficiles car l’enfant maltraité couvre généralement son parent de peur d’être abandonné, séparé de lui. L’objectif du diagnostic est de détecter la maltraitance pour qu’elle soit reconnue aux yeux de tous. Lorsque des mots sont mis sur les sévices de la part d’un tiers, l’enfant peut essayer de se reconstruire en tricotant sa résilience (cf. Boris Cyrulnik) et en apprenant qu’on peut aussi aimer sans maltraiter.

[1] troubles factices : créer des symptômes physiques ou psychiques mimant une maladie pour être reconnu comme malade au sein d’un milieu médical

[2] facticité des symptômes : construction de symptômes pour mimer une maladie
[3] mythomanie on parle de fabulation car dans les récits s’entremêlent des mensonges et des éléments réels
[4] étiologie : origine

[5] jeunes parents anxieux : c’est à dire attentifs restant auprès de l’enfant lors des hospitalisations, mais rentrant parfois en conflit avec l’équipe soignante

Publié dans Du Médical

Commenter cet article